50 milliards en fraude publicitaire : vous en êtes probablement victime

50 milliards en fraude publicitaire : vous en êtes probablement victime

Des employés payés pour faire des clics frauduleux et des robots programmés parviendront à détourner 50 milliards de dollars en publicité numérique dans l’année en cours.

Le plus récent rapport de la firme de sécurité informatique CHEQ place aujourd’hui les budgets publicitaires détournés par des robots et des faux clics à 20 %. Les investissements en publicité numérique vont bientôt dépasser ceux en publicité traditionnelle. C’est donc 50 milliards de dollars qui seront dilapidés par des robots programmés pour générer de faux compte ou des employés rémunérés pour générer des clics frauduleux dans des « click farms ». 60 % du trafic Internet ne serait pas humain, et 50 % du trafic sur YouTube serait généré par de faux comptes, selon Max Read. Le Québec et le Canada n’échappent pas au phénomène. En 2017, l’Association canadienne des annonceurs a fait une étude sur « le trafic non valide » pour découvrir que les responsables-marketing qui avaient participés à l’étude avaient tous sans exception fait l’objet de trafic non valide : le meilleur résultat se situant à 4,5 %, la moyenne à 6,4 % et les pires résultats s'élèvent à 21 %.

Les responsabilités des agence

Denis Martel, directeur en planification stratégique chez Cossette, et son équipe sont très attentives à la sécurité de marque : « Nous travaillons avec nos partenaires à détecter les fraudes et les activités publicitaires anormales. Nous sommes donc en mesure de détecter si un robot a usurpé une identité pour générer une « impression », ainsi que d’autres pratiques frauduleuses. » Denis Martel pointe vers la diversification du panier publicitaire et l’importance de maintenir une certaine indépendance face aux géants. Voici un exemple tiré des chiffres internes de l’agence : Lorsque nous achetons de la publicité sur des sites d’éditeurs canadiens, nous observons un taux de pratique invalide beaucoup plus bas. À titre de comparaison, le taux de pratique invalide est de 0,89 % chez les éditeurs canadiens, alors qu’il s’élève à 4,23 % sur les autres sites. » Encourager les médias locaux assure un meilleur contenu journalistique et moins de « fake news » et de contenu « clickbait ».

Des solutions pour les PME

Selon Dominic Lessard, consultant accompagnant les PME dans leur référencement et leurs achats de publicité numérique, 80 % des bannières achetées sur le Web aujourd’hui le sont au CPM. Donc, si je paie 20 $ pour 1 000 impressions et que sur ces 1 000 impressions 500 sont attribuables à des robots… 10 $ de mon 20 $ a été détourné! On doit donc prendre le temps d’analyser les données, confronter l’agence et suivre de près la livraison d’une campagne. Plusieurs indices se retrouveront dans les rapports de performance des campagnes, explique-t-il. « Demandez à recevoir des rapports hebdomadaires et prenez le temps de les consulter. Gardez l’œil ouvert sur le pourcentage de visibilité de vos annonces (viewability rate). Il faut tendre vers 90 à 100 %. En bas de ça, posez-vous des questions. Le rythme de livraison des impressions est également important; si vous remarquez des pics de livraison, questionnez votre fournisseur. » Visiter les sites où apparaissent les impressions permet d’en évaluer la qualité et de porter attention à la géolocalisation des impressions, au cas où elles sortiraient de la cible préétablie.

Source : Philippe Jean Poirier


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